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"Sans les vêtements, on m'aurait déjà mis en prison."

by Jordan Maurin
Jan 19, 2026
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J'étais assis à la terrasse d'un café sur la Piazza di Santa Maria Novella, à Florence. Trois amis français étaient autour de moi, venus eux aussi pour le Pitti Uomo (ce salon consacré à la mode masculine dont j'ai parlé dans ma dernière newsletter).

Je crois bien que je parlais de la puissance du vêtement ; que le vêtement était une sorte de langage universel qui dépassait les frontières. Et là, mon ami à ma gauche (qui restera anonyme) me dit :

"Tu sais que j'ai même pas la nationalité française ?"

Alors autour de la table, on s'interroge, on dit "comment ça se fait ?", on dit "tu la voulais pas ?".

Lui, répond que "si si, il la voulait" mais l'administration est extrêmement lourde. Il la voulait, d'abord parce que la France était sa maison depuis tout petit. Et qu'aussi, son passeport était tellement faible diplomatiquement qu'il ne lui permettait pas de voyager. C'est là que je lui ai demandé :

"Comment ça se fait que tu es là ?"

"Grâce à mes vêtements. Mon passeport, c'est mes vêtements".

Et là, il m'a raconté l'humiliation d'être mis de côté à tous ses passages à la douane. L'attente interminable. Mais que, à chaque fois, il s'en était sorti grâce à ses vêtements. Parce qu'un type qui se fringue aussi bien que lui, avec tellement de goût et d'application, c'est un type qui peut rentrer partout, dans n'importe quel pays. Le vêtement devient le sujet principal. Ça force la sympathie. Et il me disait qu'avec sa femme, sa phrase fétiche, quand elle s'inquiétait par exemple de voir des policiers dans un train, c'était "t'inquiète pas, j'ai un chapeau".

On ne met pas en prison un type qui porte un Stetson de cow-boy aussi bien que lui. C'est juste pas possible.

Son passeport, c'est ses fringues.

Et moi, j'étais là à parler de langage universel, avec ma gueule de blanc, de français, de premier de la classe qui sait pas ce que c'est d'être mis à l'écart d'une ligne dans un aéroport. Alors que lui, ce langage universel, il le parle, il le vit, il fait même évoluer la langue.

J'ai pris une belle leçon d'humilité. Et, déjà que j'admirais son style avant cet échange, là sur ma chaise plantée en plein cœur de Florence, je l'admirais encore plus.

Le style comme passeport le plus puissant du monde : mes looks préférés du Pitti Uomo 109

Photographie de Goldie Williams pour GQ

Les couleurs déjà. Le bleu-gris du costume assorti au gris-vert de ce blouson bien court. Je n'aurais pas pensé à le mettre avec ce costume. Les chaussures d'un marron fauve, roux qui tire sur l'orange (couleur complémentaire du bleu). La chemise blanche éclate pour donner du sens à toute la tenue.

La tenue est bien réalisée. Mais ce qui rend le tout plus singulier, c'est cette paire de lunettes. TELLEMENT bien choisie.

Qui a dit qu'on ne pouvait pas associer du marron et du noir ? Le manteau évidemment ajoute une texture inoubliable. Mais il ne faut pas oublier la lumière et ce foulard la renvoie joliment.

Photographies de Acielle / Style du Monde pour Vogue

4 motifs ici. Les carreaux fenêtre de la chemise, le tartan de la doublure de la Barbour, le pied-de-poule de la veste et le damier du totebag. Je trouve le totebag en trop pour tout te dire. Mais il ne faut pas bouder : la gestion des couleurs est superbe là aussi : regarde le tartan de Barbour et rends-toi compte que chaque couleur de ce motif trouve son écho ailleurs dans la tenue. C'est beau quand même. Et assez subtil, non ?

Déjà la couleur du manteau. Ce bronze-là est extraordinaire. Et c'est une couleur que j'ai vue dans le milieu de la mode depuis maintenant quelques années mais qui ne perce pas vraiment. Elle n'atteint pas le grand public. Et pourtant c'est une couleur qui fournit un socle riche pour le reste de la tenue : il s'affronte au bleu, souligne l'orange, apporte une réponse expressive au sourd du marine… C'est fantastique.

On n'a pas besoin de recourir absolument à la couleur pour être bien habillé. Déjà, le manteau est extra-long et c'est parfait pour la prestance. Ce revers de manteau, je ne veux rien de moins que ça. Ensuite, c'est un gigantesque camaïeu de marron jusqu'au beige clair du pantalon. Ah oui, ce col de chemise bleu pâle qui surgit juste avant le visage. Ce n'est pas qu'une facétie, c'est aussi une manière habile de séparer son visage de sa tenue car sa couleur de peau est proche de celle du pull.

Déjà, pour moi, cette association de l'acier de la chemise, avec cette cravate marron foncé (de même teinte ou presque que son costume) et ce pull au motif fair isle, ça me rend fou. C'est dingue de justesse et en même temps de flair. L'orange des lunettes et de la pochette est le bienvenu car il déséquilibre l'harmonie trop parfaite.

Et en le voyant, je me dis que, quand on a des cheveux aussi extraordinairement beaux que les siens, oui il faut absolument les utiliser en complément de sa tenue. Car ici, le blanc fait du bien, il éclaircit et attire le regard.

Pour moi, c'est à gauche la couleur de la veste qui ne va pas si bien que ça avec le pantalon mais, grâce à la magie de la nonchalance, du flegme et de l'assurance, ça fonctionne superbement. Et puis ce col dont les pointes s'évadent jusqu'à rejoindre ces revers démentiels, je signe. L'écho de l'orange entre le foulard et les lunettes, c'est la touche finale qu'il nous fallait.

"Maman je suis dans Vogue" (et GQ)

Je me souviens parfaitement de ce moment, à l'entrée du salon. Dans mes oreilles, du Rage Against the Machine à fond. Grosse fatigue car lendemain d'une soirée monumentale. Mais un pas décidé.

Avec mon ami photographe Lucas Chombart, venu ici pour documenter un projet sur l'expression des masculinités. On se promène dans la Fortezza, le clic part et c'est fait. À la fin de la journée, je n'étais pas mécontent de retirer mes camarguaises, je ne te le cache pas.

Si tu l'as loupée…

J'ai sorti cette vidéo avec + de 100 recos de vêtements et accessoires pour l'hiver.

RESET ton style cet hiver 2026 (on part de ZÉRO)

Allez je t'embrasse et te dis à très vite,

Jordan

 

 

 

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